L’adoption du Schéma de Développement du Territoire : les enjeux pris en compte par le gouvernement wallon

Jeudi 23 mai 2019, les responsables régionaux de Wallonie devaient adopter le Schéma de Développement du Territoire (SDT), c’est désormais chose faite. En adoptant le SDT, le gouvernement wallon a ainsi amorcé un virage indispensable pour mettre fin à un éparpillement de l’urbanisation dangereux pour l’agriculture, la biodiversité et le climat. En effet, ces 30 dernières années, on a constaté une hausse de 39% de l’artificialisation des sols. Or cette dernière réduit terres agricoles et forêts au profit de routes, lotissements et commerces. Une urbanisation des sommets et des versants du territoire wallon qui met également sous pression les masses d’eau provoquant des pics de crue aggravés, des inondations et des problèmes d’épuration des eaux usées.
Le Schéma de Développement du Territoire répond à ces différentes problématiques en mettant en place un plan stratégique de l’aménagement du territoire incluant des objectifs chiffrés et des orientations claires pour les trois prochaines décennies.
Tour d’horizon des directions phares données par le SDT.

La réduction de l’artificialisation des terres

Si l’objectif intermédiaire du SDT vise une réduction de moitié de l’artificialisation des sols à l’horizon 2030 (moins de 6km2 empruntés à la nature par an), son objectif final est bien un arrêt complet de la consommation de nouvelles terres en 2050. Pour y parvenir, des mesures ont été mises en place :

    • Un mécanisme de compensation consistant à opérer une désartificialisation d’une surface de même dimension que la surface artificialisée.
    • Un développement des zones d’activités économiques uniquement sur des terres déjà artificialisées : cette mesure concernera d’abord seulement 30% des ZAE (jusqu’en 2030) puis 100% en 2050.

Vers une mobilité plus durable

Pour cela, le SDT envisage deux solutions :

    • La création d’ici 2030 d’environ cent mobipôles puis sur l’ensemble des communes wallonnes en 2050.
    • Un réseau ferroviaire renforcé grâce à l’essor de la dorsale wallonne pour les lignes à grande vitesse.

Une construction des nouveaux logements au cœur des villes

Deux objectifs visent à concrétiser cette mesure de reconstruction de la ville au sein de la ville :

    • La moitié des nouveaux logements implantés au centre des villes et villages en 2030
    • Les trois quarts des nouveaux logements soumis à cette logique d’implantation en 2050

Une relocalisation de l’économie

Ce recentrement de l’économie passe par diverses mesures :

    • Le renforcement de l’attractivité des centres-villes
    • La valorisation des circuits courts
    • Une implantation des centres commerciaux mieux régulée : les projets supérieurs à 2500m2 n’auront en principe plus la possibilité de s’implanter hors d’un centre-ville.

La réhabilitation des friches et sites abandonnés

L’objectif est de réhabiliter, d’ici 2030, 30% des Sites à Réaménager (SAR), ces derniers représentant une superficie d’environ 4000 hectares. Cet objectif intermédiaire doit conduire à une réhabilitation totale de ces lieux abandonnés à l’horizon 2050.

De plus, les entreprises qui veulent s’installer en Wallonie se verront octroyer 200 hectares de terrains par an, ces derniers devant faire partie en priorité de sites réhabilités comme les anciennes friches, les espaces inoccupés ou les bâtiments vides.


Un plan de végétalisation

Le SDT prescrit de créer systématiquement des espaces verts dans l’ensemble des quartiers d’une surface supérieure à 2 hectares. Ces derniers devront couvrir une surface au moins équivalente à 10% de la superficie totale du quartier concerné. Ce plan de végétalisation inclut également la réalisation de différentes liaisons écologiques structurantes comme les massifs forestiers, les pelouses, les plaines alluviales, les calcicoles, …


Un plan de formation

Fruit de nombreuses concertations, le SDT prévoit la mise en place d’une série de formations et la diffusion de guides pratiques pour aider les différents acteurs de l’aménagement du territoire à appliquer les nouvelles orientations souhaitées. En effet, le SDT s’applique à petite et grande échelle : schémas communaux et pluricommunaux, plan de secteur et guides communaux et régionaux d’urbanisme.

En fixant ces différents objectifs, le SDT devient un outil essentiel pour diriger de manière claire et précise les différents acteurs communaux ainsi que les candidats bâtisseurs. Il est désormais la référence incontournable dans le domaine de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. Véritable feuille de route territoriale, le SDT va en effet s’incarner dans le Schéma de Développement Communal, dans le Schéma de Développement Pluricommunal et dans le Schéma d’Orientation Local afin de définir une politique de développement du territoire régional soumise efficacement aux impératifs de transition écologique.
En tout, le texte vise la réalisation de vingt objectifs afin de mettre fin définitivement à l’artificialisation des terres. Mais d’autres ambitions sont également développées par le Schéma de Développement du Territoire. De la protection de la nature et de l’environnement au renforcement de la compétitivité du territoire, le but est clairement de préparer la Wallonie à répondre efficacement et sans délai aux enjeux climatiques, économiques et démographiques des décennies à venir.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s