La réduction de l’empreinte carbone du béton en Belgique : pistes d’amélioration et choix stratégiques

Le secteur du bâtiment est connu pour être un grand consommateur d’énergie et un gros émetteur de gaz à effet de serre. La phase de construction joue un rôle prépondérant dans cette empreinte carbone élevée. Les modes constructifs sont donc en question : la filière humide traditionnelle qui reste majoritaire se trouve notamment fondée sur des matériaux minéraux comme le béton dont la fabrication nécessite beaucoup d’énergie et dont l’empreinte carbone est plus importante que celle des matériaux biosourcés comme le bois. L’objectif est de réduire l’impact environnemental de ces matériaux de construction et notamment du ciment, le composant du béton le plus énergivore. En tant qu’acteur majeur du paysage économique belge, l’industrie cimentière est consciente des grandes responsabilités environnementales du secteur et met tout en œuvre pour y faire face. Tour d’horizon des différentes initiatives de l’industrie cimentière belge visant à réduire l’empreinte carbone du béton.

 

Roadmap 2050 : scénario pour une Belgique bas carbone

Au cours des accords de branche de deuxième génération avec la Wallonie, le secteur cimentier a réalisé sa roadmap à l’horizon 2050. Elle définit les trajectoires à suivre pour le secteur afin de contribuer aux engagements climatiques pour 2050. Pour établir cette feuille de route, les professionnels de l’industrie cimentière se sont inspirés des travaux de la Fédération européenne du ciment, « The role of cement in the 2050 low carbon economy ». Trois leviers principaux ont ainsi pu être identifiés.

Vers une utilisation rationnelle des ressources durant le processus de fabrication du ciment

Le premier levier identifié, l’utilisation rationnelle des ressources, conduit l’industrie cimentière à :

  • Développer l’utilisation de combustibles alternatifs : véritable précurseur dans le domaine des combustibles de substitution, le secteur cimentier dépasse la barre des 50 % de combustibles alternatifs au sein du mix énergétique. Quant au procédé de biomasse – produire de l’énergie à partir de déchets – il s’octroie 30 % du fuel mix des différentes cimenteries de Belgique.
  • Privilégier l’utilisation de matières secondaires décarbonatées : la majorité des émissions de CO2 (deux tiers en tout) est due à la décarbonatation du granulat calcaire, la principale matière première utilisée au cours de la fabrication du ciment. Partant de ce constat, l’industrie cimentière s’attache à la remplacer par des produits décarbonatés comme les cendres volantes, les sables de concassage, le laitier de haut fourneau, le béton cellulaire, …

Une efficacité énergétique en voie d’amélioration

Le deuxième levier identifié concerne l’efficacité énergétique. Rien d’étonnant dans un secteur particulièrement énergivore ! Deux avancées majeures sont à noter dans ce domaine :

  • Une consommation en électricité maîtrisée : avec une consommation autour de 110 kWh par tonne de ciment, la Belgique se place au rang des bons élèves en Europe qui affiche une moyenne de 120 kWh par tonne de ciment.
  • L’efficacité thermique : dès les années 60, cette dernière a permis de diminuer de moitié les consommations d’énergie des outils industriels en Belgique.

C02 : captage, stockage et utilisation

Troisième levier et pas des moindres, le captage, le stockage ainsi que l’utilisation du CO2 constituent des voies prometteuses pour une industrie cimentière bas carbone. Hébergé au sein de la cimenterie CBR implantée à Lixhe, le projet Low Emissions Intensity Lime and Cement (Leilac) a notamment pour objectif d’évaluer la possibilité d’une capture et d’une utilisation du CO2 issu directement de la phase de décarbonatation du calcaire.

 

Des projets innovants pour le secteur de la construction belge

Grâce à la mise en place de différents outils innovants, la Belgique se positionne comme un des précurseurs européens en terme de gestion de l’impact environnemental du secteur de la construction.

Le projet Bee Green Wallonia 20 MW

Basé à Lixhe, le projet environnemental BGW 20 MW a pour but d’auto-produire de l’électricité verte (à hauteur de 160 GWh par an) en utilisant la biomasse (160 000 tonnes nécessaires). Une production d’énergie renouvelable qui permettrait de réaliser une économie de 95 000 tonnes / an de CO2 ! Manager au sein de CBR Lixhe, Benoît Gastout précise que quelques 6 millions de tonnes des déchets utilisables se trouvent aux environs de la cimenterie. La centrale de bioélectricité devrait donc s’installer sur un terrain situé sur le site même de Lixhe. Un délai de 3 ans avant sa réalisation est néanmoins nécessaire, des permis, études d’incidences et autres analyses devant être effectués au préalable.

Le logiciel en ligne TOTEM

En 2018, les trois régions belges inaugurent TOTEM, le logiciel en ligne « Tool to Optimise the Total Environmental impact of Materials in buildings ». Ce dernier permet aux concepteurs de procéder à une évaluation objective de l’impact environnemental de leurs projets de construction dans leur globalité, de la phase de production des différents matériaux au traitement de l’ensemble des déchets. Cette analyse se base sur les indicateurs environnementaux européens (CEN) déjà connus ainsi que sur de nouveaux indicateurs, les CEN+, ceux-ci ayant été sélectionnés afin de satisfaire tous les objectifs politiques belges.

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