Réglementations et mesures bas carbone, quel avenir pour les constructeurs belges ?

Comme mentionné lors de la Conférence Paris Climat 2015, les bâtiments sont à l’échelle mondiale, responsables de 20% des émissions de gaz à effet de serre. D’autres données parlent de 40%. Les acteurs du BTP devront désormais réfléchir à des solutions concrètes qui restreindront efficacement l’empreinte carbone. Quels seront les impacts de mesures comme celles prises récemment par le Gouvernement Wallon (FEDER) ou plus généralement par l’UE ? Petit zoom sur les bouleversements attendus entre 2018 et 2030 dans le secteur du BTP.


Les réformes prévues entre 2014 et 2030

Toutes convergent vers un objectif : expérimenter des bâtiments « bas carbone », dégageant moins de gaz à effet de serre, voire des maisons passives ou à énergie positive (Bépos). La réglementation RT2020 impose à compter de 2020, une consommation énergétique inférieure à 100 kWh/m².

  • Qu’en est-il de la Belgique ?

Dans son Communiqué de presse du 29 mars 2018, date d’inauguration de la FEDER, le Ministre de l’Environnement Pierre-Yves Jeholet annonçait l’allocation de 32 millions d’euro à l’aide UDE. Destinée à compenser la carbone leakage qui pénalise les PME, elle requiert un audit énergétique AMURE et une étude de faisabilité préalable.

  • Des mesures à échelle européenne

Le Conseil des Ministres européens de l’énergie a récemment décidé que les membres de l’UE seront, à compter de janvier 2018, tenus d’« axer les investissements au profit de la rénovation des bâtiments sur un parc immobilier à haute efficacité énergétique et décarboné d’ici à 2050 ».
Charge aux ingénieurs d’identifier les éléments les plus polluants et d’actualiser leurs connaissances pour les contrer :
– accentuer les recherches sur les biomasses, architectures et composants qui limitent le gâchis énergétique,
– s’informer des innovations,
– maîtriser des outils comme le bilan carbone et l’ACV Bâtiment.

Autant de savoirs indispensables à l’élaboration de techniques durables.


Limiter le GES, deux combats à mener conjointement

Tout au long de sa vie, un bâtiment émet du GES.
Le travail des professionnels sera de déterminer s’il est plus avantageux de démolir, conserver la structure initiale ou de construire intégralement un nouveau bâtiment. Ces calculs devront aussi inclure l’empreinte carbone causée par les trajets et la déperdition énergétique provoquée par une mauvaise isolation.
Orientation d’un logement, présence d’un toit végétatif, utilisation des biomasses, implantation d’autres immeubles, vérandas en double-vitrage, autant de solutions efficaces pour réguler naturellement les températures intérieures.

Selon le projet HQE Performance co-présidé par Alain Maugard, expert Qualibat (mené par l’Association), un bâtiment particulièrement performant émet quotidiennement moins de 5 kg eqCO²/m² contre 145 kg eqCO²/m² pour un édifice plus ancien. Considérer ces paramètres suffit à réduire de 20 à 50% notre production habituelle de GES.

Comme l’explique l’Institut de la Francophonie pour le développement durable, des projets pilotes d’envergure ont été menés en Afrique, et offrent des résultats surprenants dont nous pourrions peut-être nous inspirer.

Tour du monde de l’économie d’énergie

Dans une publication de l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable, nous avons l’exemple du Burkina Faso, où l’utilisation d’un bio-digesteur (déjections et composts déposés dans un bac semi-enterré et renouvelés en électricité) améliore considérablement le confort énergétique des populations. Pourquoi ne pas adapter ces méthodes à l’Europe ?

Des programmes pilotes menés à Al-Araoui au Maroc soulignent la possibilité de couvrir 75% des besoins en eau chaude d’un immeuble en la produisant avec l’énergie solaire. Cette étude a également démontré que la structure des bâtiments (voûtes, petites aérations placées sous le toit, implantations évitant les vagues de chaleur…) influence directement l’empreinte carbone, puisque les habitants utilisent moins de ventilateurs et d’eau.
D’autres ingénieurs ont su s’adapter aux coutumes locales, en récupérant l’énergie contenue dans les eaux chaudes usées des hammams.

La mission des constructeurs de 2019 sera donc de réfléchir à une manière d’exploiter les spécificités environnementales de chaque pays, dans le respect de l’écosystème et des traditions.

Respecter la loi, une occasion de rehausser son standing ?

L’écoconstruction n’est plus en plein essor, elle devient obligatoire, des certifications ont donc été instaurées.

  • Label BBCA, gage d’excellence thermique

Accessible à tous les maîtres d’œuvres intervenant sur bâtiment neuf, il est décerné par Certivea et vise la perfection énergétique. Lorsqu’une entreprise réduit de 1% sa consommation de CO², réduit de 10 kg sa production de CO² ou stocke 10 kilos de matériaux bio sourcés, elle gagne 1 point BBCA. Selon ses résultats, elle sera classée Standard (-50% de GES), Performance (-75%) et Excellence.
Le diagnostic énergétique devenu obligatoire avant tout acte immobilier, un A ou un A+ augmentera nécessairement son standing, donc sa plu value.

  • L’exemple du précurseur Easy Green

Il est l’un des premiers bureaux d’études à voir sa maison labellisée Effinergie. Matières premières prélevées sur place pour réduire l’empreinte carbone liée à l‘acheminement, remplacement du classique bois recouvert de torchis par des briques d’adobe : le BTP de demain promet d’être passionnant.

Ultime encouragement : ces efforts sont censés réduire de 50% nos émissions de carbone.

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